De l’avis de nombreux observateurs et compte tenu des missions assignées au gouvernement pour le chef de l’Etat, le nouveau ministre de la santé doit contribuer à recréer et rééquilibrer le trépied classique de l’action sanitaire. Celui-ci est schématiquement et traditionnellement représenté par trois axes principaux, à savoir le personnel, le médicament ainsi que les infrastructures.
Le ministre de la Santé devra surmonter d’énormes défits dans la gestion de son personnel, témoin de cela toutes les grèves qui se succèdent les unes aux autres.
Dans cette matière, le Ministre Mopipi va consacrer ses efforts nécessaires à l’amélioration des performances du personnel soignant et du personnel administratif. Tous les professionnels de santé doivent retrouver leur place au sein d’une équipe sanitaire dans un esprit de complémentarité et de solidarité.
Concernant l’axe médicament, le domaine de l’expertise du Ministre, beaucoup est à faire. Le maître-moi est l’assainissement du secteur pharmaceutique pour la responsabilisation du spécialiste attitré, le pharmacien secondé par l’assistant pharmacie.
Il faut tout entreprendre pour réduire, à défaut d’éliminer la circulation des médicaments douteux. Cela passe par le rétablissement du circuit régulier du médicament en n’écartant les mains inadéquates de la manipulation des médicaments ainsi que par le contrôle effectif tant de la qualité de tous les produits pharmaceutique que des services pharmaceutiques réellement offerts aux patients. Le ministre de la santé doit aussi assurer la disponibilité et l’accessibilité réelle du médicament.
S’agissant de l’axe relatif aux infrastructures, la tâche est aussi immense. Il existe plus de cinq cents zones de santé. Chacune concentriques intégrant progressivement provinces, districts et territoires, de manière à réduire petit à petit l’éloignement des populations par rapport aux institutions de santé.
Mopipi Mukulumanya pourra tirer son épingle du jeu en réussissant le savant dosage des priorités dans la combinaison des trois axes ci-haut présentés. En cela est à sa portée. Pharmacien de formation, ce ne sont pas les dosages, savants soient-ils, qui peuvent le recaler. Par contre, ce qui peut faire handicap, c’est de ne pas disposer de solides assises politiques pour administrer la pilule bien dosée qui ne manquera pas d’être amère pour la multitude ancrée dans les mauvaises habitudes. C’est donc par là que ça passera ou ça cassera.